se confronter à l'incertitude

De la gestion du risque à la confrontation à l’incertitude

Les managers savent gérer les risques, mais c’est l’incertitude qui devient la norme: crise sanitaire, conflit armé, etc.

Quels sont les changements qui vont permettre aux organisations d’évoluer pour savoir faire face à l’incertitude ?

Voici quelques réflexions, inspirées par des lectures que je partage avec vous.

Qu’est-ce que le risque ?

Frank Knight définit le risque comme « un futur dont la distribution d’états possibles est connue » (voir ref. 2).

Il s’agit donc d’évènements connus, qui ont un historique.  On sait en évaluer la probabilité d’occurrence, et on peut en estimer les conséquences.

Comment le gère-t-on ?

Les managers connaissent bien la gestion du risque. La plupart des formations au management abordent ce sujet.

Classiquement, on décrit les risques puis on les évalue en fonction de  leur probabilité d’occurrence, et selon le coût de leurs conséquences.

Ensuite, on affecte les ressources pour se protéger en priorité des risques dont la combinaison entre la probabilité et le coût sont les plus élevés.

On peut affiner la démarche par des actions complémentaires, comme la veille concurrentielle par exemple.

Quelle est la différence entre le risque et l’incertitude ?

Contrairement au risque, l’incertitude correspond en revanche à un futur dont la distribution d’états est non seulement inconnue, mais impossible à connaître, du fait de  la nature inédite du phénomène. (voir ref. 2).

Ainsi on peut parler de risque pour la grippe, suivie d’année en année depuis des décennies, et d’incertitude pour le Covid, notamment au début de la pandémie.

Comment faire face à l’incertitude ?

Pour affronter l’incertitude, il faut se mettre en situation d’agilité.

Il s’agit (voir ref. 1) pour le management d’adopter une attitude d’inspiration plutôt que de commande, de montrer de la confiance et de laisser à leurs équipes la possibilité d’explorer.

Cela implique de se mettre constamment dans un état de questionnement et d’analyse. Cette posture doit concerner à la fois les processus internes de l’organisation et son environnement. En effet, elle fait face à un phénomène nouveau, sur lequel elle va acquérir de la connaissance au fil du temps. Cette connaissance résulte en partie de l’observation de l’impact des actions de l’organisation sur le phénomène.

C’est cette routine de questionnement et d’analyse qui va permettre de converger vers des solutions.

Pour approfondir cette réflexion, je vous invite aux lectures citées dans cet article. Je vous suggère aussi la lecture de l’excellent « Antimanuel de management de projet » de Thomas Reverdy (ref. 3). J’ai eu le bonheur d’animer des interventions à 4 mains à l’INPG sur le thème de la sociologie des partenariats avec lui, il y a quelques années.

Références

  1. https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/managers-faire-face-au-risque
  2. https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2020/03/29526-ce-que-le-coronavirus-nous-apprend-sur-la-gestion-de-lincertitude/
  3. https://www.dunod.com/entreprise-et-economie/antimanuel-management-projet-composer-avec-incertitudes